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Un homme découvre, en visionnant un film projeté dans sa chambre, la liaison de sa femme avec un joueur de golf. La silhouette de la belle, au même moment, se dessine mystérieusement dans l’embrasure de la porte. Le pommeau de sa canne brille dans l’obscurité. Le golfeur sur l’écran se concentre sur sa cible. Son club s’élève, s’abat, du sable gicle dans le bunker. Un verre tombe dans la chambre, du lait s’écoule. Un meurtre a-t-il été commis ? Tout le laisse à penser. Tout... ou presque !

Le titre du film, Le Bunker, désigne la fosse à sable du parcours de golf. Mais il renvoie aussi à la demeure du couple, lieu sombre et clos, coupé du monde, où la vie, peu à peu, s’est enlisée. Comme la balle dans le sable. La femme, cloîtrée, cantonnée dans un rôle qui ne lui correspond pas, va chercher à s’extraire du piège qui l’emprisonne. Elle reproduira, pour cela, les gestes du golfeur. D’où la structure symétrique du récit, mettant en parallèle l’action déterminée de ces deux personnages. Le lieu de l’action est indéfini, les décors sont intemporels.

Le Bunker est un film «d’ambiance»,suggérant plus qu’il ne décrit. L’histoire, énigmatique et pleine de zones d’ombre, permet de multiples interprétations. Puisse-t-elle stimuler l’imagination !